Notre ambition

Nos prépas littéraires : un trésor à défendre et à transmettre 

Au cours de l’année 2020 et pendant l’année 2021, les classes préparatoires de Sainte-Marie de Neuilly fêtent leurs 50 ans. C’est l’occasion pour elles de commémorer leur fondation et de célébrer leurs accomplissements, mais surtout de préparer l’avenir.

 

Une intuition toujours actuelle

La création de classes préparatoires littéraires dans nos établissements n’est pas un hasard. Comme le souligne Marguerite Léna, « les études supérieures ont été, dès le départ, le premier souci et comme la prunelle de l’œil de Madeleine Daniélou ». Celle-ci, bien avant nos interrogations contemporaines sur la place des élites, défendait une juste conception de l’élitisme, fondé non sur les castes ou les privilèges, mais sur les « droits de l’esprit », seuls « privilèges proprement humains ». Les classes préparatoires littéraires sont progressivement apparues comme la meilleure voie pour défendre cet élitisme bien particulier, afin de répondre à la perte de sens qui caractérise notre société, et aider nos établissements à être toujours, comme le souhaitait Madeleine Daniélou, des « pépinières d’apôtres ». Prendre de jeunes esprits, les conduire par le travail à l’excellence, leur apporter l’exigence de la culture, éveiller « la liberté de l’intelligence, le courage de la conscience, et la force d’aimer », selon la formule de Marguerite Léna - telle est l’ambition qui animait Jacqueline d’Ussel en 1970, au moment de convertir la propédeutique universitaire de Neuilly en Hypokhâgne. Elle eut alors l’intuition que cette classe serait la plus à même d’honorer cette préoccupation par sa formation humaniste et généraliste. Marie-José Baduel d’Oustrac prolongea, en 1986, cet élan avec l’ouverture complémentaire de la BL (appelée à l’époque hypokhâgne S - comme scientifique) : celle-ci permit, par l’ajout des mathématiques et des sciences sociales au socle commun de l’hypokhâgne, de déployer plus largement encore la formation par les Humanités, bien au-delà d’une opposition réductrice entre « littéraires » et « scientifiques ».

Nous avons la conviction qu’un tel modèle reste plus que jamais un projet d’avenir et qu’il ne doit donc pas se limiter aux murs de l’hypokhâgne. C’est pourquoi, depuis le 19 novembre 2019, nous constituons un réseau d’anciens de la prépa Sainte-Marie-de-Neuilly, intitulé SMN Alumni. Fonder un réseau, articulé à celui fondé dès 1922 pour les collèges et lycées par Madeleine Daniélou, n’est pas un simple ajout à la formation proposée, c’est sa continuité logique : la transmission et les trésors reçus engendrent le désir de transmettre à son tour, dans de nouveaux environnements.

 

Les études littéraires aujourd’hui : des paradoxes à affronter

Nos anciens sont la preuve vivante de la diversité et de l’excellence de nos parcours. Or ce réseau prend tout son sens dans un contexte où les études littéraires affrontent de nombreux défis. La réforme actuelle du lycée renforce l’incertitude des parents et des lycéens sur les choix décisifs qu’ils doivent faire au cours de leur scolarité et à l’entrée des études supérieures. De manière générale, alors qu’on parle de « nouvelles technologies » et de « nouvelle économie », on ne pense plus spontanément aux études littéraires comme à une voie d’avenir. Et pourtant ! Quelle meilleure formation, en ces temps de fake news, de pluridisciplinarité, d’innovation et d’intelligence artificielle, que la richesse et la rigueur d’une culture classique ? L’art d’argumenter une thèse, de concevoir de nouvelles idées, de construire et déconstruire un discours ne s’apprend que par la fréquentation des grandes œuvres. Ceux qui en ont fait l’expérience savent d’ailleurs, comme l’explique Marguerite Léna, que les humanités « sont humanisantes en elles-mêmes ».

 

Une telle conviction oblige souvent à agir et à parler à contretemps. Si personne ne discute l’aura qui entoure le beau mot d’Humanités et si chacun est prêt à défendre le primat de la culture sur les mentalités techniciennes, tout change dès lors qu’il s’agit concrètement, au lycée, de soutenir les nouvelles spécialités « Humanités » et « Langues et cultures de l’Antiquité » ou, après le baccalauréat, d’inscrire ses enfants en Hypokhâgne. Le retard dans l’information des familles joue aussi son rôle : combien sont encore persuadées qu’un Khâgneux est condamné à réussir l’ENS ou à échouer, alors que plus de 70 écoles et une grande variété de formations s’offrent à eux. La logique comptable des classements d’établissements, qui joue un rôle accru dans l’orientation, les conduit souvent à privilégier un rendement immédiat, à Bac+2 ou +3, calculé sur la base de parcours formatés, là où, au contraire, notre ambition est de construire des parcours sur-mesure, mûris étape par étape, qui échappent à l’approche quantitative et au formatage. Marguerite Léna note d’ailleurs que c’est bien pour former la liberté que Madeleine Daniélou privilégiait « le temps de la maturation généraliste où mille chemins sont ouverts ». Comme le montre la soirée Parcours de littéraires que nous organisons chaque année depuis 2015, c’est d’ailleurs à Bac + 4 ou + 5 et au-delà que la réussite humaine et professionnelle de nos anciens devient éclatante.

Tel est le paradoxe de notre modèle : sa force en termes de formation et d’excellence fait sa faiblesse en termes de promotion et de visibilité. Il n’a jamais été aussi adapté au monde contemporain, car il oblige les jeunes à discerner à chaque étape, favorise leur audace et leur souplesse mais cette excellence est moins lisible aux yeux du grand public.

 

De ces atouts, tous nos anciens sont persuadés. Aussi avons-nous confiance qu’ils seront les meilleurs ambassadeurs de Sainte-Marie-de-Neuilly et de la voie des lettres – à condition de leur en donner les moyens. Depuis le 19 novembre 2019, SMN Alumni s'est dotée d’outils pour construire un réseau vivant et actif et travaille à faire la promotion des études littéraires et des classes préparatoires, par des rencontres et des actions de communication à l’intention du grand public. L’année 2020 a également été l’occasion de faire connaître la richesse et l’excellence de cette histoire que nous partageons avec tous les CMD, avant de fêter ce cinquantenaire à Neuilly dès le 10 octobre 2020, et de poursuivre ces célébrations en 2021.

 

Accepter d’être à contretemps pour mieux être à l’écoute de notre présent : ce paradoxe est familier à tous ceux qui vivent des intuitions de Madeleine Daniélou. Aussi sommes-nous certains de pouvoir compter sur cette réserve d’audace qui caractérise le Réseau Madeleine Daniélou, avec lequel nous désirons collaborer de manière toujours plus étroite. Car même si cette nouvelle association est fondée sur les liens tissés au sein de notre prépa, c’est bien cet héritage commun à tous nos établissements que nous souhaitons faire prospérer.

 

Laurence Mathias (Daniélou 1986) et Christophe Bourgeois,

Anciens élèves de l’E.N.S., professeurs de philosophie et de lettres,

Responsables des classes préparatoires de Sainte-Marie-de-Neuilly

25 novembre 2021

Joyeux anniversaire !

Alors que nous avons été plusieurs centaines de participants à la journée anniversaire des classes préparatoires à Sainte-Marie le 9 octobre dernier, l'occasion nous est donnée de revenir sur ces 50 ans célébrés dans la joie, où le partage, la convivialité, la culture et l' "Esprit Sainte-Marie" étaient au rendez-vous. Pour nous remémorer ou découvrir les nombreux actes de cette journée, quoi de mieux que de la vivre en mots et en images ?

La vidéo des 50 ans !

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La messe du cinquantenaire

Notre journée débutait à 11 heures, en l'église Saint Pierre de Neuilly, pour une messe d'action de grâce, concélébrée par Monseigneur Rougé, évêque de Nanterre, et de nombreux prêtres. Ce moment de recueillement et de prière a ouvert de la meilleure des façons cette journée anniversaire. L'Esprit créateur insufflé à Sainte-Marie fut bien décrit par Matthieu Rougé en ces termes: 

" Voilà bien la mission des classes préparatoires de Neuilly : éveiller les jeunes qu’elles accueillent, dans la variété de leur chemins culturels et spirituels, malgré parfois mais grâce souvent aux exigences académiques, à la hauteur, la largeur, la profondeur du mystère de notre condition humaine. "

Vous pouvez retrouver ici l'intégralité de son homélie.

 

 

Un déjeuner à la buvette

A mi-chemin du bar et de la guiguette, la langue française a la buvette. Incontournable des lettres, de l'histoire : de Bacchus à Sylvain Tesson, en passant par Dom Pérignon, Mendès-France, Rimbaud, Hemingway, le Chanoine Kir et tant d'autres, la tradition est respectée puisque toute la journée celle-ci fut ouverte. L'occasion pour tous de se retrouver autour d'un verre, de reprendre des forces avec une planche de charcuterie, de refaire le monde et d'échanger sur les belles années passées ici ! Elèves et professeurs, camarades de promo, famille... Tout le monde en a profité ! 

Une foule immense s'est pressée sous la tente !

 

Des tables rondes et conférences

Les Humanités sont éminemment politiques : la vie de la polis exige plus que jamais l’esprit de finesse, le sens du temps long, la capacité à subordonner les impératifs techniques et économiques à la question des fins et des valeurs.

Lors de six tables rondes différentes pour discerner et agir, d'anciens Khâgneux de Sainte-Marie, venus d’horizons variés, ont ainsi échangé sur des questions cruciales pour l’avenir de nos sociétés: l'éducation à la liberté, la responsabilité sociale de l'entreprise, la transition écologique, le défi des migrants, la situation de l'Eglise d'Afrique du Nord et la place des femmes dans l'Eglise aujourd'hui.

 

Table ronde sur la responsabilité sociale de l'entreprise

 

  

Les conférences de Jean-Pierre Lemaire et Marc Porée 

 

Un récital poétique

L'expérience poétique a marqué et marque encore l'enseignement dispensé à Sainte-Marie. On sait moins qu'elle fut aussi le lieu de formation de futurs poètes. Ce récital fut l'occasion de faire se répondre toutes les formes du chant de l'âme: aux poèmes d'Emmanuel Damon, Pauline Bruley, Marina Poydenot, Paul Guillon et Patrick Piguet, ont répondu pêle-mêle le Trio à cordes en sol mineur d'Alexandre Borodine, Ombra mai fu d'Haendel, Septième improvisation pour orgue de Saint-Saëns, Prélude et Fugue en Ré mineur, Johann Gottfried Walther et d'autres pièces, interprétées par Agnès et Maud Sartre, Madeleine Prunel, Mathilde de Bodisko, Cyprien Gautier-Brandicourt et Paul-Henri Gacon. 

Une librairie

Les anciens de la prépa sont productifs sur le plan littéraire et ils ont publié plusieurs centaines d'ouvrages au total. Ils ont été mis à l'honneur lors de la fête du cinquantenaire: littérature, histoire, livres jeunesse, sociologie, théologie, poésie, tous les genres étaient représentés. De très nombreuses références à découvrir ou redécouvrir, qui témoignent de la prolifique production de nos anciens et de la passion intellectuelle qui les anime. 

Parmi eux : Gaspard d'Allens, Emmanuel Damon, Emmanuelle de Boysson, Jean-Pierre Lemaire, Emmanuel Falque, Antoine Vigne, Charles Mercier, François de Muizon, Marie-Anne de Béru, Camille Dalmas...

 

Un cocktail VIP

La bibliothèque des terminales a accueilli, le temps d'un verre et de quelques discours, des invités prestigieux, attachés à l'Esprit Sainte-Marie. Anciens ou amis, chacun a pu entendre Marguerite LENA, Nelly GARNIER, Constance LE GRIP, Monseigneur ROUGE, Christophe BOURGEOIS défendre les humanités, le sens urgent de la culture et de la place des littéraires dans notre monde. Tous ont redit combien Sainte-Marie est un exemple de modèle éducatif et de formation aux humanités, un tremplin pour intégrer une société en mouvement. 

         

 

 

Un diner entre amis !

Il fallait un dîner de fête pour célébrer ces 50 ans ! 

L’équipe des Alumni a imaginé avec la la Maison Guillemard, traiteur à Paris, un grand cocktail dînatoire pour permettre à toutes les générations de la prépa de se régaler et de se retrouver. 

Tables et buffets étaient dressés le long des verrières du gymnase créé en 2013 ; vous avez ainsi pu prendre le temps de vous asseoir entre amis ou aller de groupe en groupe !

Au menu : apéritif, brochettes et timbalines froides variées, plat chaud individuel, fromage et 50 bougies à souffler pour le dessert !