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23 mars 2021

Proust, « cet humble passant »

Au hasard des impressions : quand percevoir, c’est rêver (A la recherche du temps perdu, 1913-1927)

A la recherche du temps perdu n’est pas seulement un grand roman de l’oisiveté mondaine : on perd aussi son temps sur les chemins qui s’effaceront un jour, lorsqu’on flâne le long de la Vivonne ou d’une haie d’aubépines…

A moins que ce temps apparemment perdu soit le seul qui mérite d’être retrouvé : les impressions fugaces qui touchent le flâneur, parce qu’elles engagent sa vie intérieure, apparaissent en réalité comme les « péripéties » les plus importantes de sa vie.

L’homme en toutes lettres                                      

Cycle de conférences littéraires à Sainte-Marie de Neuilly proposé par Christophe Bourgeois

« Nous ne nous comprenons que par le grand détour des signes d’humanité déposés dans les œuvres de la culture. Que saurions-nous de l’amour et de la haine, des sentiments éthiques et, en général, de tout ce que nous appelons le soi, si cela n’avait été porté au langage et articulé par la littérature ? » (Paul Ricœur, Essais d’herméneutique).

Les œuvres littéraires ont une manière singulière de révéler l’homme à lui-même : telle est l’intuition de ce cycle. Chaque soirée est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir sous un jour nouveau une œuvre, à partir d’extraits lus et commentés. Ce cycle n’exige aucune compétence spécialisée : il s’adresse à tous les amoureux des lettres.

 

Année 2020 – 2021

Vertus de l’oisiveté (2) : la raison du flâneur

A côté du loisir lettré et de la retraite, l’oisiveté du sage prend aussi parfois l’allure vagabonde de la promenade ou de la rêverie. Ce sont alors d’autres lieux qu’elle privilégie : non pas la bibliothèque, la cellule ou le jardin clos mais les chemins et les rues ouverts à tous vents, où l’on déambule, seul ou au milieu des foules, sans but, disponible aux expériences imprévues et fugaces. Ni assigné à un lieu – ni confiné – l’esprit cherche à vivre sans entrave. Trouver en soi cette allure n’est pas céder à la culture du zapping, du surfing ou de la dispersion : la liberté du flâneur est une étrange discipline, qui consiste moins à se disperser qu’à se ressaisir.

Prochain rendez-vous: 

  • Lundi 31 mai

Jean-Pierre Lemaire, « comme un badaud »

L’art du désœuvrement : portrait du poète en jeune retraité (Faire place, 2013)